Anvers - 1929 = 1954 PDF Imprimer Envoyer
Dimanche, 18 Mars 2007 00:00
Il y a vingt-cinq années, à peine dix années, après la glorieuse victoire de 1918, s'estompait le souvenir des dures années de la guerre. De cette glorieuse époque il ne restait plus que les invalides et combattants, rappel journalier et pour plusieurs inopportun, de cette période de notre histoire.Il y avait aussi les multiples tombes où, trop souvent suivant un conformisme vidé de toute pensée, se déroulaient des cérémonies.

Il y avait aussi les opportunistes qui estimaient que ces combattants devenaient des gêneurs. Tout doucement le voile de l'oubli glissait son écran et avec inqiuétude les combattants pensaient à l'avenir.

Les anciens combattants lancèrent un cri d'alarme et ils s'adrssèrent en particulier à leurs enfants. L'un d'eux, Raoul Derivière - notre président national fondateur - leur répondit en proposant la création de sections groupant les fils et filles de combattants.

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C'est dans cette ambiance que çà et là des amicales virent le jour. Au début d'octobre 1929, le groupement d'expression française d'Anvers & Environs de la Fédération Nationale des Combattants 14/18 créait, à son tour, une amicale d'enfants de combattants. La F.N.C. déléguait des anciens combattants pour mettre cette amicale sur pied, pour assurer an novel édifice une base solide.

Rendons hommage à ces pionniers de notre section : Messieurs F. Vanex, qui le premier assura la présidence. J. Garot, M. Frenay, G. Urbain et C. Peeters.

Bientôt cette amicale prit conscience de sa mission et pour mieux encore pouvoir être le point de ralliement de tous les fils et filles de combattants, en 1936, se conformant aux décisions prises de commmun accord par les Conseils Fédéraux de la F.N.C. et de la F.N.A.E.C. (ancienne dénomination du Onze Novembre) elle sollicita le patronage d'associations locales de combattants.

C'est ainsi que successivement l'Amicale des Officiers de la Campagne 14/18, l'Union des Fraternelle de l'Armée de Campagne 14/18, la Fédération Nationale des Volontaires de Guerre et après la dernière guerre l'Union des Fraternelles des Anciens Combattants 40/45, marquèrent leur accord pour appuyer notre mouvement qui évidemment conservait le soutien de la F.N.C.

De 1929 à 1939, ce fût un travail opiniâtre de recrutement qui s'opéra. Ce furent aussi dix années au cours desquelles il fallait réveiller en ces jeunes esprits le sens du culte du souvenir, de la responsabilité devant l'avenir de la nation. Il fallait lutter contre ceux qui prêchaient la division du pays; dans un pays où, sous le couvert de la liberté d'opinion, il était permis de menier une propagande visant à la trahison, cette lutte s'avéra dure et pénible.

Pourtant elle porta ses fruits.

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Avec la guerre de 1940, notre amicale se trouva placé devant un problème. Les cadres avaient été dispersés et pourtant notre action était plus nécessaire que jamais. Il était indispensable de raffermir le moral des défaillants, de répandre les rares bonnes nouvelles, de combattre au sein de la jeunesse les effets d'une propagande insidieuse menée au nom d'une idéologie construite sur la trahison et le crime. Il fallait travailler... et reprendre l'organisation en partant de la base : les membres.

Nous n'étions plus que quelques uns en septembre 1940, mais six mois plus tard, en pleine guerre, notre assemblée générale réunissait plus de 50 membres et nos réunions hebdomadaires étaient le rendez-vous de plusieurs dizaines de jeunes. De ces rangs sont sortis nos membres prisonniers politiques et résistants.

Au soir du 8 mai 1945, au milieu de la joie provoquée par la chute de l'ennemi, retraçant le bilan de prés de cinq années d'activité, nous songions avec émotion à ces camarades qui plus jamais ne reviendraient parmi nous, à ceux là qui avec ardeur s'étaient jetés dans la lutte pour accomplir le devoir qui nous incombait :

SERVIR NOTRE PAYS.

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Cette guerre de 1940/1945 a changé quelques données qui furent à la base de la fondation de nos amicales.

Les combattants 40/45 seront les héritiers des drapeaux de ceux de 14/18. Ils devront reprendre le flambeau et poursuivre l'action des anciens pour le respect des valeurs morales, pour le maintien des droits des veuves, des orphelins et des invalides.

Les combattants de 40/45 connaîtront les mêmes angoisses que leurs aînés de 14/18. Et alors ils penseront à leurs fils et filles.

Les combattants de 14/18 durent créer ces amicales d'enfants de combattants : ceux de 40/45 en trouveront partout, les unes florisssantes, d'autres prêtes à se remettre en action dlès que le sang nouveau - les fils et filles de ceux de 40/45 - y circulera.

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Depuis 1945 notre section n'a pas ralenti son activité. Sur le plan social elle participe activement à l'action des parades du souvenir mises sur pied, dès 1947, par notre fédération, tant sur le plan national que sur le plan local. Plus de 100 parades furent organisées, au monument aux Morts à Anvers, par notre section. Nous avonss également donné notre appui au Comité d'Appel au Pays et nous avons participé à la manifestation organisée en septembre 1952 contre la libération du traître Van Coppenolle et contre la grâce du tueur De Bodt. Une année plus tard nous étions présents à la marche « Dixmude-Breendonck».

Notre participation aux activités des Groupements Réunis d'Anciens Combatttants d'Anvers (VOSBA) nous assure un contact régulier avec tous les groupements.

Sur le plan matériel notre action se concrétise par les interventions de notre Fonds des Oeuvres d'Entr' Aide au profit duquel nous organisons chaque année une représentation.

Nos diverses activités, assurent à nos membres des possibilités de contact placées sous les signes de la cordialité et de la solidarité.

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Oui pour mantenir cette section en activité, il a fallu que les bases soient solides et que des dévouements se fassent jour.

C'est avec émotion que nous rendons hommage à ceux là qui futent à la tâche. Nous avons déjà cité les anciens combattants qui en 1929 prirent cette mission à coeur. Nous pensons à tous ceux qui les ont aidés ou qui leur ont succédé et particulièrement à :

  • Madame Veuve J. NoĂ«l, prĂ©sidente de 1932 Ă  1940

  • Messieurs E. Raymond et J. NoĂ«l, anciens secrĂ©taires-gĂ©nĂ©raux, tous deux dĂ©cĂ©dĂ©s.

  • Messieurs W. Dewalhens, A. Dupont, H. Van Hecke et L. Piret.

Nous pensons Ă  ceux qui, sans Ă©gard aux risques, en 1940, ont repris le groupement en main :

  • Mesdames G. Luyten et C. Tear

  • ainsi que Monsieur R. Anciaux.

Depuis 1945, d'autres encore furent sur la brêche et maintiennent haut notre étendard, en dépit des difficultés de l'après-guerre. A tous ces collaborateurs nous adressons nos chaleureux remerciements pour le travail accompli.

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Au moment de célébrer ce vingt-cinquième anniversaire, après avoir évoqué notre passé, c'est vers fl'avenir que se tourne notre regard.Il importe quqe dès maintenant les combattants de 40/45 comprennent que la place de leurs fils et filles est dans nos rangs. Ils y trouveront l'ambiance favorable au développement de qualités trop rares à présent :

la fraternité et la solidarité

Ils pourront s'y imprégner du sens du culte du souvenir. Demain ils seront aux côtés de leurs pères pour les assister dans la défense de notre patrimoine national.

Oui, des heures difficiles pourront encore surgir, mais alors plus que jamais souvenez-vous en que le tritre «Onze Novembre» fut adopté en septembre 1940, à une des heures la plus ombre de notre histoire nationale, pour servir de cri de ralliement dans le combat contre l'ennemi et pour symboliser notre confiance en l'avenir

Henri PEETERS
1916 - 1994

Président

Mise Ă  jour le Samedi, 23 Janvier 2010 13:48